N26

Venise, capitale de la pierre naturelle

Venise, ville suspendue sur l’eau, berceau de l’art et de l’histoire, a accueilli un dialogue inédit entre son âme millénaire et l’avenir de la construction.
Entre les murs de l’université IUAV, le premier Forum international sur la pierre naturelle authentique, promu par le PNA (Réseau d’entreprises de pierre naturelle authentique), dont Ghirardi est membre depuis le début, a pris vie : un événement visionnaire, où le passé millénaire de la pierre a rencontré l’avenir du design, de la durabilité et de l’architecture contemporaine.

Stefano Ghirardi, président du réseau PNA et PDG de Marmi Ghirardi, a participé activement aux deux journées vénitiennes, apportant avec lui l’expérience, la vision et la passion qui animent depuis toujours le travail de Marmi Ghirardi. Depuis la cour de l’université IUAV de Venise, siège historique et symbolique de l’architecture italienne, il nous invite à réfléchir sur la valeur du dialogue, sur l’importance de l’écoute entre les professionnels du secteur et sur les nouvelles voies qui s’ouvrent pour la pierre authentique : non seulement un matériau de construction, mais aussi un langage narratif et une vision pour l’architecture du futur.

Des projets d’exception en Pierre Naturelle à l’honneur au Forum International PNA à Venise

Les 12 et 13 juin, l’Université IUAV de Venise a accueilli la première édition du Forum International de la Pierre Naturelle Authentique, un événement de deux jours placé sous le signe de l’inspiration, du dialogue et de la vision, promu par le réseau d’entreprises PNA – dont Marmi Ghirardi est membre fondateur.

La pierre naturelle a été la véritable protagoniste de cette rencontre multidisciplinaire, qui a réuni douze intervenants de renom venus partager leurs expériences et réflexions autour de ce matériau unique et intemporel. Les sujets abordés ont couvert un large spectre, allant de la gestion des carrières à la modélisation numérique, de l’artisanat à la land art, du design d’intérieur à l’évaluation du cycle de vie. L’architecture, naturellement, occupait une place centrale, avec la participation de figures emblématiques telles que Peter Eisenman et le prestigieux cabinet japonais Kengo Kuma and Associates.

L’architecte Peter Eisenman a ouvert le programme avec une conférence remarquable consacrée à l’un de ses projets majeurs : la Cidade da Cultura de Galicia, à Saint-Jacques-de-Compostelle, inaugurée en 2011. Ce vaste complexe de 265 000 m², composé de six bâtiments — dont certains culminent à 42,5 mètres — marque une première pour Eisenman, qui y fait un usage massif de la pierre naturelle. Le granite galicien y établit un lien fort avec les traditions locales, tandis que la quartzite claire habille les bâtiments principaux tels que la Bibliothèque et les Archives, assurant une continuité matérielle avec le paysage. Les sols, quant à eux, sont réalisés en marbre blanc incrusté de travertin rougeâtre, avec des éléments en grès.

La pierre, dans ce projet, revêt une signification hautement symbolique : l’enveloppe ondulée en pierre fusionne avec les reliefs du mont Gaiás. Pour évoquer les lignes de pèlerinage et les ley linesdu chemin de Compostelle, Eisenman a structuré les toitures par un quadrillage de rainures, où sont posées des dalles brutes (50 x 50 cm, 5 à 8 cm d’épaisseur), fixées sur des poutres en acier. L’eau de pluie est récupérée le long des joints et dirigée vers une toiture en béton armé en contrebas. Au-delà de sa force expressive, la pierre offre durabilité, inertie thermique et un impact environnemental réduit, grâce à l’usage de matériaux locaux.

La session suivante a été introduite par une vidéo dans laquelle le projet était présenté par l’architecte Kengo Kuma et son collaborateur de longue date Suguru Watanabe, associé principal au sein de Kengo Kuma and Associates. Ensemble, ils ont exposé le projet du Kadokawa Culture Museum à Tokorozawa, au Japon, achevé en 2020 — une œuvre qui, comme celle d’Eisenman, puise son inspiration dans la géologie du site. Le musée est implanté sur le plateau de Musashino, formé par la rencontre de quatre plaques tectoniques.

Conçu comme un monolithe de 31 mètres de haut sur une surface totale de 12 000 m², le bâtiment semble émerger de la terre, sculpté par les forces telluriques. Dépourvu de fenêtres ou de divisions apparentes à l’extérieur, le volume est entièrement revêtu de granite magmatique “Black Fantasy”, une pierre sombre veinée de blanc, extraite en Chine. Environ 20 000 panneaux à la surface brute, d’environ 7 cm d’épaisseur, ont été posés de manière aléatoire afin d’accentuer l’irrégularité naturelle du matériau et de la géométrie du bâtiment. Ces éléments ont été assemblés sur une structure en acier et béton armé, préfabriqués en 61 panneaux triangulaires pour garantir richesse visuelle et variété chromatique.

À l’intérieur, l’atmosphère contraste fortement : un espace sombre, homogène et immersif, évoquant l’impression d’être dans une caverne au cœur de la pierre. Fidèle à l’approche matérielle du cabinet, le granite dialogue avec des matériaux tels que le papier washi, le contreplaqué, le treillis métallique, le bois de cyprès et les écrans en fibre de verre, dans une composition raffinée et équilibrée.

Le Kadokawa Culture Museum incarne ce que Kengo Kuma définit comme une “architecture-croûte” (crust architecture) — une architecture qui semble s’extraire naturellement du sol. Comme l’a confié Watanabe dans la vidéo, il s’agit de l’un des projets favoris de Kuma, car il représente “une occasion rare d’explorer pleinement les émotions que peut transmettre la pierre” et “de pousser encore plus loin la recherche sur la forme et la matière”.

Ces deux récits architecturaux hors du commun mettent en lumière toute la puissance expressive, la polyvalence, la noblesse et la durabilité de la pierre naturelle authentique — des qualités qui, depuis 1938, guident l’activité de Marmi Ghirardi, animée par une passion toujours intacte.

Dans ce que l’on pourrait aujourd’hui qualifier d’ère post-durable, où la responsabilité environnementale n’est plus une ambition mais une exigence de base, la pierre naturelle se distingue non seulement par ses vertus écologiques, mais aussi par sa capacité à incarner le sens, la mémoire et l’identité. Les projets présentés lors du Forum — aussi divers dans leur langage que convergents dans leur intention — prouvent que la pierre n’est pas simplement un matériau du passé, mais bien une ressource pour penser l’avenir. Une matière vivante, en dialogue avec la nature, la culture et le temps — et qui reste, plus que jamais, au cœur de la vision de Marmi Ghirardi.

Depuis l’Aula Magna Tolentini, Stefano Ghirardi clôt officiellement ces deux journées du Forum PNA riches en contenu et en relations. Ses paroles dressent un bilan authentique de l’expérience vécue et ouvrent la voie à ce qui va suivre : un parcours commun, où la pierre continue d’être un moteur de dialogue, de culture et d’innovation.

Au revoir au prochain numéro

Vous n’êtes pas inscrit et vous souhaitez recevoir les prochains numéros?

Inscrivez-vous en deux simples clics.